EXPLOSIONS DE MPILA : La théorie du complot téké

 L’arrestation du colonel Marcel Ntsourou, secrétaire général adjoint du C.N.S (Conseil national de sécurité), et ancien D.R.M. (directeur des renseignements militaires pendant l’affaire dite « des disparus du beach ») a ouvert la porte à la théorie du complot téké.

Le royaume téké (dont la plus grande partie est située dans le département des Plateaux – si l’on ne tient pas compte des tékés de la Lékoumou et la cuvette ouest – et la ville d’Olombo, d’une part, et, d’autre part, les pays mbochi et la ville présidentielle d’Oyo ne sont séparés que par la rivière Alima. Le royaume téké a de tout temps été considéré comme ennemi héréditaire, non avoué, de l’ethnie mbochi à laquelle appartient Denis Sassou Nguesso. Un des principaux opposants déclarés au pouvoir en place, Matthias Dzon, est lui-même un fils des Plateaux tout comme l’encombrant et ambitieux ex-chef de guerre André Okombi Salissa, aujourd’hui ministre de l’enseignement technique. La mise hors jeu de Marcel Ntsourou, d’ethnie téké fait figure d’aubaine pour rejeter hors de la communauté mbochi la responsabilité du drame du 4 mars tout en mettant hors circuit l’ensemble des téké et assimilés.

Après le drame de Mpila, à Brazzaville : La commission d’enquête passe à la vitesse supérieure!

Selon le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka, ministre de la justice et des droits humains, coordonateur du pôle de la souveraineté, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a «institué une commission d’enquête à laquelle se sont jointes les autorités judiciaires au moyen d’une instruction écrite du procureur de la République, territorialement compétent, dès le 8 mars 2012, demandant aux officiers de police judiciaire et de gendarmerie, membres de ladite commission, de lui destiner les résultats de l’enquête». La commission d’enquête est à l’œuvre et elle procède, déjà, à des interpellations. 

Le constat qu’on peut dresser du travail de la commission d’enquête sur le drame de Mpila est qu’elle est passée à la vitesse supérieure, avec l’interpellation et la garde à vue d’un certain nombre d’officiers, dont le directeur général de l’équipement des F.a.c (Forces armées congolaises), le colonel Germain Ickonga Akindou, et le secrétaire général adjoint du C.n.s (Conseil national de sécurité), le colonel Marcel Ntsourou. L’interpellation de ce dernier s’est faite, d’ailleurs, selon des témoins, de manière musclée, le vendredi 30 mars 2012, en mi-journée. Des coups de feu auraient été entendus, à son domicile, situé vers le mess des officiers, au centre-ville de Brazzaville.

La commission d’enquête travaille dans la discrétion. Ses actions, notamment les interpellations, ne font pas l’objet de communication publique. Un certain nombre d’officiers sont interrogés, dont certains sont placés à sa disposition. On parlerait ainsi, outre le colonel Ickonga Akindou, des colonels Jean-Claude Mopita et Ingani, tous deux de la direction générale de l’équipement, et du colonel André Joseph Sahouss, commandant du 4ème bataillon des chars légers qui se trouve dans l’enceinte du camp du régiment blindé.

Ces officiers et d’autres sont mis à la disposition de la commission, pour besoin d’enquête. Compte tenu de leur présence, le siège de la D.g.s.t (Direction générale de la surveillance du territoire) est, maintenant, gardé par des agents armés de la force publique. 

«L’enquête initiée par le chef de l’Etat a, donc, pour but essentiel d’éclairer les circonstances de la catastrophe, de déterminer si les causes en sont accidentelles ou criminelles et, dans ce dernier cas, d’en rechercher les auteurs pour une traduction éventuelle devant les juridictions nationales, qu’elles soient civiles ou militaires, conformément au code de procédure pénale», avait précisé le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka, dans sa déclaration du 23 mars 2012. 

L’enquête ne ferait aucune exception, même les ministres sont supposés être entendus, si la commission le juge utile. C’est ce qui laisse dire à certains observateurs que l’enquête sur le drame de Mpila pourrait provoquer un séisme dans les institutions de la République, avec l’interpellation de certaines personnalités. Et pour cause, toujours se référant à la déclaration du ministre d’Etat Yoka, l’expertise internationale a révélé une forte probabilité (28%) que l’origine de l’incendie du dépôt de munitions du camp du régiment blindé de Mpila soit intentionnelle. Alors que le court-circuit, la thèse avancée par le gouvernement, dès les premières heures du drame, le dimanche 4 mars, ne recueille que 6%, le plus faible niveau de probabilité.

Dès lors, les explosions des poudrières des camps de l’intendance, du génie militaire et du régiment blindé à Mpila nourrissent bien des commentaires. Ces explosions auraient-elles visé, carrément, l’assassinat du président Denis Sassou Nguesso? On avance que selon son agenda, le président de la République était l’invité d’honneur du cocktail dinatoire offert, le samedi 3 mars, dans la soirée, par la Felbo (Fondation Edith Bongo Ondimba), dans les chapiteaux Bensi, à Mpila, à l’occasion de la clôture du symposium sur la «prise en charge des fentes labio-palatines». Le président de la République aurait l’habitude de passer, parfois, ses week-ends à sa résidence privée de Mpila, qui tint lieu, depuis son retour au pouvoir en octobre 1997, de résidence présidentielle, jusqu’en 2010. L’histoire du Congo aurait pu basculer encore plus dramatiquement, si le chef de l’Etat s’était retrouvé dans sa résidence privée de Mpila, au moment des explosions extrêmement meurtrières et destructrices de l’Ecramu, le dimanche 4 mars, à partir de 8h10. La fermeté de la commission d’enquête s’expliquerait-elle par cette éventualité ? 

En tout cas, dans la cité, certains ont franchi le pas, en parlant des explosions de Mpila comme d’une tentative de coup d’Etat ou d’assassinat du chef de l’Etat. Pour l’instant, seule l’enquête qui poursuit fiévreusement son cours, pourra déterminer ce dont le Congo a été victime le dimanche 4 mars 2012. L’on comprend pourquoi les partis de la majorité, à commencer par le P.c.t, réclament, avec insistance, la publication des résultats de l’enquête, pour que le peuple congolais, qui a été si profondément endeuillé par ce drame, en sache l’origine. 

Joël NSONI
In La Semaine Africaine 

Mercredi 4 Avril 2012

 

 Il semblerait que la veille du drame, le colonel Marcel Ntsourou ait fêté son anniversaire à son domicile et qu’il y ait fait étalage de ses ambitions présidentielles. De là à le considérer comme un évident comploteur, il y a un pas que les sbires du pouvoir n’ont pas hésité à franchir. Pourtant, un mandat de perquisition contre son domicile a été signé le 2 mars (copie ci-dessous), soit 2 jours avant les explosions de Mpila. Il semble évident que les services secrets congolais disposent d’une machine à deviner les évènements futurs et qu’ils n’ont pas jugé utile de prévenir les populations de Mpila du danger qui les guettait.

 

Voici donc un coupable idéal dont pourtant on ne reconnaît pas l’arrestation, il serait seulement sur le coup d’une enquête administrative. Tiens donc, en démocratie congolaise les enquêtes administratives sont privatives de liberté, étonnant ne trouvez-vous pas ? Par contre ses conseils sont pour leur part bel et bien arrêtés pour atteinte à la sûreté de l’Etat :

 

Détention de deux avocats à Brazzaville: Maitres Malonga et Hombessa fautifs?

 

Les deux hommes de Loi seraient responsables de leur arrestation à Brazzaville selon la mise au point faite par ministre congolais de la Justice

 

Le ministre d’Etat, garde des sceaux et ministre de la justice et des droits humains, Aimé Emmanuel Yoka a estimé hier mardi 10 avril 2012, que les avocats Ambroise Hervé Malonga et Auguste Hombessa étaient responsables de leur détention à la maison d’arrêt de Brazzaville, pour: s’être introduits dans un bâtiment militaire. Le ministre Yoka a expliqué que les deux avocats s’étaient rendus, en violation de la loi congolaise, au domicile du colonel Marcel Tsourou qui se trouve dans un camp militaire, alors que l’article 83 du Code pénal l’interdit formellement: Ils n’avaient rien à y faire, et selon la loi, ils se sont rendus coupables du crime d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat. 


©journaldebrazza.com Le ministre congolais de la justice Aimé Emmanuel Yoka

Les deux avocats assurent la défense du colonel Marcel Tsourou, interpellé, il y a une dizaine de jours dans l’affaire des explosions du 4 mars dans un camp des blindés à Mpila. Il n’a pas été inculpé et donc à cette étape de l’enquête administrative est simplement présumé innocent, a affirmé le ministre d’Etat. Les deux avocats devraient tenir une conférence de presse dans un hôtel de Brazzaville, avant de décider d’échanger avec les journalistes au domicile de leur client. Je n’étais pas à Brazzaville, mais j’ai su que maitre Malonga avait organisé cette conférence de presse à l’hôtel saphir et qu’il aurait envisagé de la tenir uniquement devant un public composé de nos compatriotes de l’ethnie téké... Qu’est-ce cela voulait dire ...pourquoi vouloir singulariser la tribu téké... a-t-elle un problème dans la nation et avec qui?... Ils n’ont pas pu tenir cette conférence… et se sont déportés dans la maison du colonel Tsourou donc dans un camp militaire, a affirmé la ministre Emmanuel Yoka dans une mise au point, dont un extrait a été diffusé hier mardi 10 avril 2012, sur la chaîne de télévision nationale congolaise.

Le ministre Emmanue Yoka a estimé que les deux avocats ne pouvait pas ignorer que l’introduction dans un zone militaire quelle qu’elle soit: est incriminée par la loi comme étant le crime d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, renvoyant les deux hommes de loi au code pénal. Le ministre de la justice qui a stigmatisé le comportement des deux avocats, tendant à: jeter de l’huile sur le feu dès qu’il y a une petite situation dans le pays. Le ministre a également affirmé que depuis 2008, maître Malonga n’est plus inscrit au barreau de Brazzaville. Mais, le bâtonnier assure avoir délivré à maître Malonga une note, lui permettant de plaider au parquet de Brazzaville (la voir à la suite).

Les avocats sont réunis en ce moment même en assemblée, au parquet de Brazzaville suite à l'arrestation de leurs deux collègues, maîtres Ambroise Hervé Malonga et Auguste Hombessa. Les hommes en noirs du barreau de Brazzaville devraient décider de lancer ou pas un mouvement de grève. Affaire à suivre...

Ngouela Ngoussou
11/04/2012

journaldebrazza.com

L’affaire fait grand bruit et la réunion des avocats au parquet de Brazzaville débouche sur une entrée en grève de l’ensemble de la corporation.

Brazzaville: Les avocats en grève, contre l'arrestation de deux de leurs pairs 

 

C'est la principale conclusion du conclave qui a duré trois heures de temps dans la salle d’audience de la cour d’appel de Brazzaville. Aucune audience judiciaire n'a eu lieu ce mercredi au palais de justice de Brazzaville où aucune toge noire n'a été aperçue. Les avocats n'ont fait aucune déclaration à la fin de leur réunion. Nous ne ferons aucune déclaration à la presse, car l'affaire est très sensible. Aucun avocat, en dehors de moi-même le bâtonnier ne peut faire de déclaration, a déclaré d'un ton menaçant à Journal De Brazza, maître Gilbert de Bodongo, le bâtonnier de Brazzaville qui a présidé la réunion. 


© Les dépêches de Brazzaville - Les avocats sont en grève pour protester contre l'arrestation de deux des leurs

La grève a été lancée "jusqu'à nouvel", selon la majorité des participants à cette rencontre. Quelques avocats ont souhaité que le travail reprenne le lundi prochain, mais le vote a permis de découvrir que cette opinion n'était défendue à peine que par cinq avocats dans la salle. Mais, on peut retenir sur l'essentiel qu'une commission a été mise en place pour suivre l'affaire concernant l'arrestation des deux avocats, maîtres Ambroise Hervé Malonga et maître Auguste Hombessa. La commission est composée de six membres dont le bâtonnier national, maître Prosper Mabassi qui servira de conseil.

Entre temps, huit avocats, dont maître Guy Roger Kinga, maître Thomas Djolani, maître Jean Philippe Esseau se sont constitués pour défendre leurs deux confrères détenus à la maison d'arrêt de Brazzaville.D'autres aussi vont se constituer et vont nous rejoindre. Il est même à craindre que l'Etat qui a incarcéré ces collègues ait d'avocats de son côté, a indiqué sous l'anonymat un des avocats constitués. Dès demain, nous allons commencer le contact avec les confrères. Mais, hier déjà (mardi) nous étions en contact avec eux. Nous les avons trouvés fatigués et stressés car ils ont été torturés près du fleuve Congo, avant qu'une autorité n'intervienne. Mais, tout cela sera consigné dans les déclarations des concernés dès que nous allons commencer à les entendre, a poursuivi l'avocat.

En rappel, le ministre congolais de la Justice et des droits humains, Aimé Emmanuel Yoka, a annoncé hier à Brazzaville, l’arrestation de deux avocats congolais pour atteinte à la sûreté de l’Etat, en relation avec les explosions du dépôt de munitions de Mpila, nord-est de la capitale, survenues le 4 mars dernier. Me Hervé Ambroise Malonga et Me Ombessa, avocats du colonel Marcel Tsourou, secrétaire général-adjoint du Conseil national de sécurité (CNS), interpellé dans l’enquête du drame de Mpila, ont été arrêtés et déférés à la maison d’arrêt de Brazzaville, pour avoir voulu tenir une conférence de presse dans un camp militaire, selon le ministre Emmanuel Yoka.

Ngouela Ngoussou
11/04/2012

journaldebrazza.com

L'arrestation arbitraire des deux avocats ne suffisant pas à la satisfaction des forces de l'ordre, il fallait les terroriser : 

Simulacre d'éxécution de Me Malonga à 3heures du matin au bord du fleuve Congo

Auteur: Comité de suivi

Le 30 mars 2012, le colonel Marcel Ntsourou, secrétaire général adjoint du conseil national de sécurité était interpelé dans le cadre de l’enquête des explosions de Mpila. Depuis lors il est détenu à la DGST sans que sa famille et ses proches ne [puissent] lui rendre visite d’autant plus que les autorités seraient en train de dissuader les avocats de la place à se constituer pour assurer sa défense. 

C’est face à cette injustice que maitre Herve Ambroise Malonga s’est constitué comme Avocat du colonel Ntsourou après consultation avec sa famille. Prenant en main ce dossier, maître Malonga a voulu rencontrer son client, en adressant une demande préalable au colonel Obara qui n’a pas pris le temps de lui répondre, et c’est face à ce refus intentionné qu’il a été décidé de la convocation d'une conférence de presse afin de révéler à l’opinion publique les mauvaises manières du pouvoir.

Avec l’accord de la famille, Maitre Malonga annonça la conférence de presse pour le samedi 07 avril avant de la ramener finalement au lundi 09 avril à l’hôtel Saphir.

 Le lundi 09 avril alors que tout était fin prêt pour la tenue de la dite conférence de presse, Mme Ntsourou demanda aux maitres Malonga et Hombessa de la déplacer face au blocus de la force publique des accès menant à l’hôtel Saphir, au domicile de fonction du colonel Ntsourou sis vers la maison d’arrêt de Brazzaville.

Une fois au domicile du colonel Ntsourou, les avocats n’eurent que 10 mn pour expliquer aux journalistes présents le but de cette conférence de presse avant l’irruption des policiers qui sur un ton menaçant demandèrent à tout le monde de vider les lieux. Les 2 avocats eux furent embarqués et conduits au commissariat où ils furent transférés directement dans une cellule sans notification aucune.

 Quelques heures seulement après leur détention, il avait été autorisé de demander a leurs familles respectives de leur ramener des habits, d’où le constat que leur sort était déjà scellé.

De 00h à 3h du matin maitre Malonga fut torturé au bord du fleuve Congo par 3 hommes cagoulés qui l’avaient soutiré préalablement du commissariat central.

Le mardi 10 avril, les 2 avocats ont été présentés devant le procureur de la république qui leur notifié les chefs d’accusation portés contre eux : usurpation de titre et atteinte à la sureté de l’état pour maitre Malonga et atteinte à la sureté de l’état pour maitre Hombessa, avant de prononcer leur incarcération à la maison d’arrêt. 

Rappelons aussi que les agents du commissariat central avaient protesté contre le retour dans leur établissement des détenus suite au kidnapping de maitre Malonga dans la nuit par des agents dit on du général Jean François Ndenguet et de Okemba Dominique. Nous soulignons aussi que c'est dans un Taxi que les détenus ont été conduits au parquet par les policiers.

Parmi les charges retenues contre maitre Malonga figure celle d’usurpation de titre, car, pour le pouvoir le détenu n’est plus inscrit au barreau depuis 2008 ce que évidemment une note datant de 2011 contredit. Si selon le ministre Yoka tenir une conférence de presse ou encore accéder dans une caserne militaire ou même dans bivouac est passible de poursuites, alors on est en droit de se demander ce que font de nombreux civils étrangers de surcroit qui vivent dans les casernes. Aussi on y trouve des ngandas, boutiques tenus par des civils….

Nous sommes aujourd’hui en droit d’affirmer que l’arrestation du colonel Ntsourou était prémédité, car le 02 mars, 2 jours avant les explosions de Mpila, un ordre de service de la DGST autorisait la perquisition de son domicile. 

Ce qui nous plonge dans une grande réflexion.. car le discours du colonel le lendemain à son anniversaire était inspiré par cette autorisation de perquisition de son domicile.

Intervention de Me Malonga depuis la maison d'arrêt de Brazzaville

Article publié le : 13/04/2012

Auteur: Forum Radio Télévision des Droits de l'Homme

Écoutez le récit de Me Malonga sur la tentative d'assassinat dont il a été victime de la part des tueurs à la solde du contre amiral Jean Dominique OKEMBA et du colonel Philippe OBARA. 

http://www.zenga-mambu.com/fiche.php?id=3076 

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