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Pénurie de gaz butane à Pointe-Noire
Le Congo, quatrième producteur d’hydrocarbures d’Afrique, regorge de gaz naturel comme le démontrent les innombrables torchères qui illuminent la mer la nuit venue ou empuantissent l’air de Djeno ou de Boundi. C’est au point que désormais on produit de l’électricité avec ces produits annexes de l’exploitation pétrolière, comme dans la Centrale Electrique du Congo à Côte Matève.
Le gaz naturel est devenu une source d'énergie de première nécessité pour des populations qui autrefois n'utilisaientque le bois et ses dérivés (charbon de bois) pour faire la cuisine. Au Congo ce devrait donc être un produit ne faisant jamais défaut.
Le gaz naturel et le pétrole brut sont souvent associés et extraits simultanément des mêmes gisements, ou encore des mêmes zones de production. Les hydrocarbures liquides proviennent du pétrole brut pour une proportion moyenne de l'ordre de 80 % ; les 20 % restants, parmi les fractions les plus légères, le propane et le butane sont presque toujours liquéfiés pour en faciliter le transport.
L'exploration (recherche de gisements) et l'extraction du gaz naturel utilisent des techniques à peu près identiques à celles de l'industrie du pétrole. Une grande partie des gisements de gaz connus à travers le monde a d'ailleurs été trouvée au cours de campagnes d'exploration dont l'objectif était de trouver du pétrole.
Lors de l'extraction, la détente à la tête de puits provoque la condensation des hydrocarbures C5 à C8. Les liquides récupérés, appelés « condensats de gaz naturel » ou « liquide de puits de gaz naturel » correspondent à un pétrole extrêmement léger, de très haute valeur (donnant de l'essence et du naphta). Tout le reste (hydrocarbures C1 à C4, dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène et hélium) est gazeux à température ambiante et acheminé par gazoduc vers une usine de traitement de gaz. Il faut donc deux réseaux de collecte, un pour le gaz et un pour les condensats.
Dans cette usine (qui peut être proche des gisements, ou proche des lieux de consommation), le gaz subit ensuite une déshydratation par point de rosée, puis les différents composants sont séparés. Les hydrocarbures C2 à C4 sont vendus sous le nom de gaz de pétrole liquéfié (GPL et non pasGNL). Le dioxyde de carbone est le plus souvent simplement rejeté dans l'atmosphère, sauf s'il y a un utilisateur proche. Parfois, on le réinjecte dans une formation souterraine (séquestration du CO2) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le gaz acide est vendu à l'industrie chimique ou séquestré. L'hélium est séparé et commercialisé, s'il est présent en quantité suffisante - dans certains cas, il représente une addition très importante aux revenus générés par le gisement.
Les condensats et les GPL ont une telle valeur marchande que certains gisements sont exploités uniquement pour eux, le « gaz pauvre » (méthane) étant réinjecté au fur et à mesure, faute de débouchés locaux. Même lorsque l'essentiel du gaz pauvre est vendu, on en réinjecte souvent une partie dans le gisement, pour ralentir la baisse de pression, et récupérer au final une plus grande partie des condensats et du GPL.

Pourtant, voici deux semaines, au moins, qu’il est impossible d’acquérir la moindre bouteille de gaz à Pointe-Noire, capitale nationale de l’exploitation des hydrocarbures. Les populations en sont donc à se procurer du charbon de bois, dont bien entendu les prix flambent, pour leurs usages domestiques.
Comment est-il possible de manquer d'un produit qui est en surproduction dans le Pays ?

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