Retour post électoral sur la concertation d'Ewo : Mambou Aimée Gnali et le PAD parmi les dindons de la farce

 La secrétaire générale du PAD (Parti pour l'Alternance Démocratique), Mambou Aimée Gnali, a participé à la concertation d'Ewo de laquelle elle elle est revenue croyant au succès de la rencontre. A l'issue du premier tour des législatives, le moins qu'on puisse dire est qu'elle déchante et le dit avec virulence dans un article, co-rédigé avec Gervais Mounkassa, publié comme à son habitude dans les colonnes de "La semaine africaine". C'est avec son accord que nous en reproduisons la teneur à la suite.

 

 

Pourquoi la concertation d’Ewo n’a-telle pas permis une bonne tenue des élections législatives?

 

Les nombreux incidents qui ont émaillé les élections législatives du 15 juillet 2012 ainsi que les graves irrégularités, reconnues par tous les observateurs ceux venus de l’extérieur compris, dont elles ont été entachées, ne laissent plus aucun doute sur les véritables intentions des organisateurs de la concertation d’Ewo. Sous le prétexte fallacieux de vouloir favoriser des élections transparentes et apaisées, ils ont, tout simplement, cherché à endormir l’opposition et toutes les opinions qui s’imaginaient encore que l’on pouvait leur faire confiance.

Echaudés, les Congolais, quant à eux, ne s’y sont pas trompés, puisque près de 75% se sont, de nouveau, abstenus, comme pour les présidentielles de 2009. Quelle autre arme, pour eux, en effet, que l’abstention, quand toutes les autorités (administratives, judiciaires, civiles et militaires) semblent se liguer contre les tentatives d’avancées démocratiques voulues par le peuple? Quand certains sous-préfets sèment la zizanie en discriminant entre partis du Sud et partis du Nord?

Et quand, même les parties prenantes à la concertation d’Ewo ne proposent aucune stratégie pour l’application des recommandations ayant, pourtant, fait l’objet d’un consensus?

Sur les 14 recommandations adoptées à Ewo, 4 seulement n’ont pas été suivies d’effet, comme nous le rappelons ci-après. Mais, comment ont été exécutées les recommandations qui ont été prises en compte? Avons-nous, de manière concertée, veillé à leur exécution? Quel dispositif avons-nous mis en place pour ce faire?

Depuis que les résultats du premier tour sont tombés, les associations des droits de l’homme ont joué leur partition et dénoncé les violations que nous déplorons. Quid des autres acteurs de la vie associative et politique présents à Ewo? Quelle action concertée ont-ils initiée pour s’opposer à la dérive qui risque de dégénérer en violences au second tour?

A la suite d’Ewo, certains d’entre nous ont accepté de siéger dans la Conel ou ses commissions locales, pour représenter les partis ou la société civile.

Les a-t-on entendus? Pourquoi, s’ils désapprouvent les pratiques dénoncées par les candidats, continuent-ils à siéger? Ne devraient-ils pas se désolidariser de cette magouille? Et ceux des partis de la majorité présidentielle dont les candidats sont, aujourd’hui, malmenés par leur chef de file, le P.c.t, ont-ils, à ce point, abdiqué leur statut de citoyen qu’ils laissent crier dans le désert leur candidat de Bétou dont le courage à protester est inédit dans notre pays de lâches?

Bref, quel signal fort donnons nous, nous qui avons accepté la concertation d’Ewo, à tous les Congolais qui nous prennent pour des vendus, des pourris ou au mieux, pour les dindons de cette farce électorale?

Nous n’étions pas seuls à Ewo. Le P.n.u.d et des ambassadeurs de pays amis avaient apporté leur caution à cette concertation. Avec l’appui financier de l’Union européenne, l’Usaid et de la France, le P.n.u.d, a publié un  «Guide pratique des délégués dans les bureaux de vote». La plupart des intéressés n’en ont aucune connaissance. Pourquoi l’information n’a-t-elle pas circulé? Les carences du gouvernement, nous en avons l’habitude. Elles l’arrangent. Mais, les participants d’Ewo, dont certains sont aussi responsables de l’éducation des citoyens, pourquoi n’ont-ils pas diffusé ce guide? Et pourquoi, lorsque les délégués refusent de signer les procès verbaux, comme le recommande le guide, il n’en est tenu aucun compte et que personne, ni parmi les tenants du pouvoir, ni parmi les politiques et les acteurs de la société civile, ne songe à une action citoyenne pour que justice soit faite?

Dans le contexte de pauvreté où nous végétons, la vérité est que nous sommes, tous, engagés dans une lutte pour notre survie personnelle, chacun pour soi, y compris nos représentants constitutionnels, au lieu d’unir nos forces pour imposer l’Etat de droit. Qu’il s’agisse des parlementaires ou des ministres dont la plupart étaient candidats à ces législatives et, pour certains, coupables des comportements inciviques que nous déplorons la preuve est, aujourd’hui, faite qu’étant nommés par l’exécutif, ils ne font qu’appliquer ses décisions et n’ont pas le courage de proposer quoi que ce soit, par eux-mêmes.

Quant aux parlementaires, ils ne se soucient même plus d’observer la séparation des pouvoirs qui fonde toute démocratie. Pourquoi, dans ces conditions, continuer à les entretenir à grands frais? Leur exemple, contre-productif, ne risquent-il pas de démobiliser les jeunes et de tuer le travail? Quand l’on sait que le suppléant du député, qui ne fait qu’attendre la mort de son colistier, gagne plus qu’un médecin spécialisé ou un haut-fonctionnaire en fin de carrière, on est en droit de se poser des questions sur l’avenir de ce pays. La nouvelle assemblée monocolore qu’on nous prépare est-elle de nature à résoudre ce problème crucial, pour notre développement, ou bien devrons-nous encore envisager un nouvel Ewo? A moins que ce ne soit une autre conférence nationale?

Evaluation des recommandations d’Ewo

Recommandation n°1 : Modification du décret 2008-407 du 9 octobre 2008, modifiant le décret 2001-730 du 31 décembre 2001 portant création, attributions et organisation des commissions administratives de révision des listes électorales, pour prendre en compte la représentativité des partis et de la société civile au sein des bureaux d’enregistrement.
Niveau d’exécution : 100% (Décret 2012-16 du 6 février 2012 et les arrêtés 2253 du 14 février 2012 et 2526 du 28 février 2012).
Observation : La campagne de révision des listes électorales s’est faite en deux phases, compte tenu de la catastrophe du 4 mars 2012.
 
Recommandation n°2 : Inscription par le gouvernement des opérations préélectorales et électorales dans le timing précis de façon à éviter la précipitation.
Niveau d’exécution : 0%
Observation : Prise toujours tardive des textes.
 
Recommandation n°3 : Prise des dispositions relatives aux sanctions disciplinaires au sein de la Conel, en complément des sanctions pénales déjà prévues pour son efficacité.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012 article 20 nouveau 4ème  et 5ème  alinéas.
 
Recommandations n°4 : Application stricte de la loi électorale qui fait obligation au président de bureau de vote de remettre un exemplaire du formulaire de transcription des résultats du scrutin dûment signé par toutes les parties à chaque délégué des candidats.
Niveau d’exécution : 100%
Observation : La disposition existe, il n’y a qu’à veiller à son application par les délégués.
 
Recommandation n°5 : Introduction progressive dans la législation nationale de l’usage du bulletin unique.
Niveau d’exécution : 0%.
Observation : Projection avait été faite pour les locales en 2013.
 
Recommandation n°6 : Diligence de la procédure d’adoption et de promulgation de la loi sur le financement des campagnes électorales.
Niveau d’exécution : 0%.
Observation : Point à inscrire à la rencontre avec le ministre, en faire un préalable.
 
Recommandation n°7 : Prise d’une disposition précisant les pouvoirs des délégués nationaux de la Conel, qui devraient cosigner les documents sanctionnant le scrutin pour marquer son autorité sur les commissions locales.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012 article 100 nouveau).
 
Recommandation n°8 : Retrait de la présidence des commissions départementales, des districts et d’arrondissements aux autorités administratives (Préfet, sous-préfet, administrateurs-maires et maires).
Niveau d’exécution: 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012, article 23 nouveau 2ème alinéa).
 
Recommandation n°9 : Remise de la présidence des commissions départementales, des districts et d’arrondissements à des fonctionnaires ou des personnalités jouissant d’une bonne moralité, ommés par l’administration.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012, article 23 nouveau 2ème  alinéa).
 
Recommandation n°10 :  Amendement de certaines dispositions de la loi électorale et les décrets subséquents pour donner une base juridique aux améliorations proposées lors de la concertation.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012).
 
Recommandation n°11 : Déroulement des élections législatives 2012 sous le couvert du dispositif juridique nouveau issu de la prise en compte des recommandations de la concertation.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012).
 
Recommandation n°12 : Nécessité d’opérer une réorganisation administrative, susceptible de permettre un découpage électoral global, afin de rapprocher l’administration publique des populations et de mieux organiser les élections.
Niveau d’exécution : 0%
Observation : Prévue pour les élections futures.
 
Recommandation n°13 : Procéder à la correction dans des délais raisonnables de la sous représentativité de certaines entités administratives à l’Assemblée nationale, notamment celles dont la densité de la population justifie une meilleure prise en compte et celles dont la création ne s’est pas transformée en circonscriptions électorales.
Niveau d’exécution : 50%.
Observation : La première partie n’a pas été prise, elle est différée pour les prochaines consultations et la deuxième partie oui. Loi 9-2012 du 23 mai 2012, article 54 nouveau.
 
Recommandation n°14 : Création de deux circonscriptions électorales nouvelles au niveau des circonscriptions administratives dont le ressort territorial ne correspond pas aux circonscriptions électorales existantes.
Niveau d’exécution : 100% (Loi 9-2012 du 23 mai 2012, article 54 nouveau)
Observation : District de Loango et de l’île Mbamou.
Mambou Aimée GNALI et Gervais MOUNKASSA
Secrétariat Général du Parti pour l’Alternance Démocratique (PAD)
Deux des dindons d’Ewo.

Commentaires

AH LA GROSSE ARNAQUE

Elle s'est fait avoir, le PCT n'a pas tenu ses promesses comme à son habitude. Comme quoi les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent

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Ulrich KIANG

 

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